Durant ce premier semestre 2026, Radio Ondaine a accompagné des étudiants de Télécom Saint-Etienne en Bachelor 3 Global Communication et Digital Design. Nous vous invitons à écouter leurs productions dans le cadre du mois de Juin de restitution des ateliers d’éducation aux médias et à l’information de Radio Ondaine.
Aujourd’hui à partir de 13h, Violences Sexuelles et Sexistes, bien-être étudiant.
Par Céline, Mathilde et Matéo.
Notre micro-trottoir est né d’une question simple qui résonne encore bien trop souvent dans les couloirs des universités : comment les violences sexistes et sexuelles sont-elles perçues aujourd’hui dans l’enseignement supérieur ?
Plutôt que d’y répondre de manière théorique, nous avons choisi d’aller directement à la rencontre des gens, dans le cadre d’un micro-trottoir, pour recueillir des avis bruts, spontanés et sans filtre.
Nous retenons de cette expérience notamment le croisement des générations. D’un côté, des étudiants qui grandissent dans un contexte où le sujet est devenu impossible à ignorer. De l’autre, des enseignants que nous avons invités à se retourner sur leur propre parcours universitaire et à se souvenir de ce que les VSS recouvraient à cette époque. En mettant ces regards face à face, nous souhaitions nous rendre compte de ce qui a vraiment bougé : les faits eux-mêmes ou la façon dont on les nomme ?
Cela nous a ouvert la porte vers une autre grande réflexion : si les VSS semblent plus présentes aujourd’hui, est-ce parce qu’elles se multiplient ou parce que la parole se libère enfin ? La réponse n’est pas tranchée et c’est d’ailleurs ce qui rend ces retours précieux. Ils en disent beaucoup sur l’évolution des mentalités, des réactions collectives ou encore de la capacité, ou non, des institutions à prendre ces situations au sérieux et à réagir.
Enfin, nous avons aussi tenu à aborder un sujet très souvent laissé dans l’ombre : celui des hommes victimes de VSS. Notre intention n’était pas de relativiser les violences faites aux femmes mais d’éviter d’invisibiliser certaines victimes, ce qui est aussi une forme de silence qu’il nous semblait important de briser.
En écoute ici :

Entretien avec Isabelle Proust :
Cet entretien s’inscrit dans une démarche d’information, de prévention et d’utilité publique. À l’heure où la question des Violences Sexistes et Sexuelles (VSS) est un enjeu sociétal, particulièrement dans l’enseignement supérieur, il est essentiel de donner la parole aux acteurs de terrain. L’objectif de cette émission est de faire connaître les dispositifs d’accompagnement existants (comme les cellules d’écoute) et de montrer que les établissements et les associations étudiantes s’engagent activement.
Isabelle Proust est la responsable « bien-être étudiant » à Télécom Saint-Étienne. Son rôle n’est pas médical (elle ne remplace ni un médecin ni un psychologue), mais consiste à écouter et à orienter les étudiants en situation de mal-être (stress lié aux études, adaptation à une nouvelle ville, etc.) vers des professionnels compétents. Dans les cas spécifiques de violences ou de harcèlement, elle dirige les victimes vers le service de santé universitaire ou des organismes spécialisés, en s’appuyant notamment sur deux grands panneaux d’affichage présents dans l’école qui recensent les contacts utiles. L’accompagnement ne se fait qu’avec l’accord explicite de l’étudiant. Si une victime refuse de parler ou de consulter, elle ne peut y être forcée, le respect de son rythme et de son choix est primordial.
L’établissement a mis en place un module de prévention à distance obligatoire pour tous les étudiants. Ce module aborde les aspects juridiques, sociétaux et la question complexe de la culpabilisation des victimes. D’autres modules spécifiques sont dispensés de manière ciblée selon les filières (Bachelor, Master, Ingénieur) et des campagnes d’affichage sont régulièrement organisées dans les locaux.
Les associations étudiantes, très impliquées dans la vie festive, sont tenues de signer une charte de bonnes pratiques nommée « Ce n’est pas une option » (issue de la CDEFI). Les membres des associations reçoivent des formations annuelles et ont l’obligation de mettre en place une procédure claire (une « conduite à tenir ») pour réagir immédiatement et efficacement en cas d’incident lors des soirées étudiantes.
La législation de 2022 a joué un rôle moteur en obligeant les établissements d’enseignement supérieur à prendre des mesures concrètes, ce qui a provoqué une véritable prise de conscience structurelle. Isabelle Proust note qu’il reste encore un long chemin à parcourir. Elle dénonce la persistance de comportements banalisés sous couvert d’humour (« c’est pour rire », « ce n’est pas grave ») et souligne la difficulté pour certaines victimes d’oser parler, freinées par la peur de déranger ou par un sentiment de culpabilité hérité de schémas sociaux anciens.
Le message principal que véhicule cet entretien est de promouvoir la tolérance, le respect absolu des limites de chacun, et d’encourager la mise en place d’un environnement bienveillant pour briser le silence autour des VSS.
En écoute ici :
